En Thaïlande, on roule à gauche. Ça n'a l'air de rien, mais c'est assez difficile de s'y mettre. Bien sûr, sur les routes de campagne, ce n'est pas compliqué. Mais en ville, avec carrefours, giratoires et trafic intense, c'est une autre paire de manches. On s'aperçoit alors combien les réflexes acquis par des années de conduite à droite sont profondément inscrits. Plus besoin de réfléchir, on sait que faire, où regarder, où aller… Mais quand on inverse tout, quel cauchemar! Il faut se remettre à réfléchir… Et du coup, une fois sur deux on se trompe. Il faut se déprogrammer pour se reprogrammer dans l'autre sens. C'est pas encore gagné!
Heureusement que les Thaïs roulent plutôt calmement! Ça permet de s'adapter! En effet, s'il y a bien un code de la route en Thaïlande, il est relativement élastique. Officiellement, on roule à 50 km/h dans les localités et entre 80 et 100 km/h sur les autres routes. Mais c'est assez relatif. En fait les gens roulent à n'importe quelle vitesse n'importe où. Les deux-roues roulent généralement entre 40 et 60 km/h, même sur les grandes routes. Les plus rapides sont généralement les jeunes et les étrangers. Mais le pire, c'est les voies rapides. Au premier abord, on dirait des autoroutes, mais ne vous y laissez pas prendre. S'il y a le plus souvent trois pistes et une "bande d'arrêt d'urgence", ce ne sont absolument pas des autoroutes: pas d'entrée ni de sortie, les petits chemins vicinaux ou les entrées de propriétés privées y débouchent directement; tout le monde y circule, même les vélos; régulièrement, il y a un passage qui permet de passer sur l'autre voie et de rebrousser chemin. Et le pire, c'est la soi-disant bande d'arrêt d'urgence: en fait elle sert à tout. On y circule dans les deux sens, avec n'importe quel véhicule, à pied, en charrette, on y trouve des vaches, des chiens et des poules, des voitures arrêtées, des marchands ambulants… Je ne m'y risque en scooter que sur les bouts droits avec bonne visibilité. Sinon, le risque de finir encastré dans une vache ou un touk touk est considérable!
Mais une fois qu'on a un peu compris, c'est très agréable de conduire en Thaïlande! Ils appliquent une forme de "conduite créative". Pas d'interdits absolus, pas de respect de règles en soi, mais une constante adaptation à la situation présente. Influence bouddhiste? La question des priorités se règle de trois manières. La première est théorique: c'est la priorité de gauche prévue par le code de la route. Comme je me plante une fois sur deux, je préfère nettement les deux autres usages thaïs. Soit priorité au plus gros véhicule, soit priorité à celui qui est le plus décidé à passer. Il suffit juste d'être attentif et d'observer. Mais je le répète, heureusement que les Thaïs sont des gens calmes, paisibles et patients…
Même si la conduite en Thaïlande semble assez folklorique, la police est malgré tout très présente, mais pas pour bêtement verbaliser comme chez nous. Ils sont là pour éviter des réels problèmes, pas pour embêter les citoyens. Par exemple, le port du casque est théoriquement obligatoire, mais personne ne se fait verbaliser pour absence de casque (bon, parfois un étranger, mais jamais un Thaï); par contre l'alcool au volant est pourchassé. Ces jours, à cause du Nouvel An, la police a déployé un dispositif extraordinaire. Dans chaque village, et parfois même entre les localités, des postes de contrôle sont établis depuis le 29 décembre jusqu'au 4 janvier. Des policiers, des pompiers et des secouristes y sont postés en permanence.
La police thaï semble disposer d'effectifs suffisants, et leur mission est d'assurer la sécurité des habitants, pas de remplir les caisses de l'Etat par des amendes d'ordre. On croit rêver, non?
